A la rigueur

Comment chercher à la fois des poux et des sous en direction d’un public presque jusqu’ici acquis à une cause électoraliste sans risquer de se couper définitivement d’elle ? En voici le mode d’emploi. Tout a commencé cet été par le dossier des plus values immobilières portant sur les résidences secondaires, dont la durée est augmentée dans des proportions qui rendent l’exonération quasi impossible, tout en faisant  peser une taxation à 50% de la 25ème à la 30ème année. Nous nous étonnions déjà, dans notre éditorial de la rentrée, du fait que le projet de la loi de finance rectificative ne concerne ni les biens mobiliers ni les niches sociales et fiscales, choix plus apte à venir renflouer les caisses de l’Etat. Premier carton jaune décerné par les publics concernés.

Puis, plan de rigueur oblige, virent les mesures anti-déficit du gouvernement touchant le Scellier, le PTZ+ etla TVA, plus que très critiquées par les professionnels du bâtiment comme de l’immobilier. Avec une question restant sans réponse malgré ce qui a été dit, écrit par les « spécialistes »  sur les effets produits en direction des aspirants acquéreurs sur les prix et les ventes.

Ce vrai-faux attachement au PTZ, payé on l’oublie, par le contribuable,  revient à nier que, en 2005, date de remise à jour de ce dispositif, une bonne partie de la profession voyait en ce PTZ la cause d’une hausse préjudiciable des prix de l’immobilier français. Et ce, perfidie, en nourrissant un faux sentiment de gratuité chez les bénéficiaires, biaisant ainsi le bon fonctionnement du marché immobilier. Concernant enfin le Scellier, nous savons tous pertinemment que sa vocation première, qui trouvait racine dans une justification de lutte contre un déséquilibre entre l’offre et la demande de logements n’aura, en rien, évité la construction de programmes dans les villes où le marché locatif est déjà saturé.

Alors, à la rigueur…

Charles-Eric Petit-Rédacteur en chef de CIRCUMEO