Alors que se profile déjà le spectre de la suppression corps et bien du dépôt de garantie en cas de victoire…de l’un ou de l’autre des candidats, voilà une étude de la CLCV qui risque de plomber davantage encore le moral des troupes côté syndics professionnels.
Ainsi, la CLCV a décidé de donner la parole à un panel de quelques 3600 copropriétaires pour parler de leur relation, ou absence de relation, avec leur syndic. Pour la CLCV, l’excercice aura consisté a ” leur demander ce qu’ils pensent de leur copropriété, du fonctionnement du conseil syndical, de la qualité des débats en assemblée générale ou de la réactivité de leur syndic”
Si les conseillers syndicaux, bénévoles, échappent de facto aux crititiques et attaques les plus acerbes, les syndics eux n’ont pas eu cette chance.
De cette étude on retient que c’est donc moins d’un copropriétaire sur deux qui se déclare satisfait de son syndic, ce qui montre les efforts que cette profession a à faire pour restaurer son image. Le défaut de réactivité suite aux sollicitations des copropriétaires ou du conseil syndical constitue le principal reproche fait.
Sur les assemblées générales, il apparaît que “celles-ci sont désertées, le taux moyen de participation étant d’à peine plus de 50 %. Par ailleurs, les débats ne sont jugés intéressants ou constructifs que dans 48 % des cas”.
Toutefois, ce point doit être corrigé en fonction de la personne qui mène les débats durant l’assemblée générale. Ainsi, lorsque cette direction est assurée par le seul syndic, les débats ne sont intéressants que dans 32 % des cas, contre 57 % lorsque le président de séance, désigné parmi les copropriétaires, en prend la direction. De même, on constate que les copropriétaires ont davantage de difficultés à négocier le contrat de leur gestionnaire ou à obtenir l’ouverture d’un compte bancaire séparé lorsque les débats sont menés par le seul syndic.
Pour remédier à cette situation, la proposition de la CLCV passe par une nouvelle organisation de la profession que avec trois points mis en avant :
- l’instauration d’un Code d’éthique et de déontologie pour les professions immobilières et la création d’une Commission disciplinaire, composée notamment de représentants des professionnels et des consommateurs, chargée de connaître des manquements constatés à la règlementation en vigueur et de prononcer des sanctions ;
- la mise en place d’une Commission de conciliation pour régler à l’amiable les litiges entre copropriétaire/syndicat et syndic. Celle-ci pourrait être rattachée au siège de chaque cour d’appel
- une réforme en profondeur des règles de majorité en assemblée générale afin de ne prendre en compte que les voix des copropriétaires présents et représentés
- la possibilité pour un locataire d’être mandaté par son bailleur afin de le représenter au conseil syndical
- rendre obligatoire le compte bancaire séparé au nom du syndicat, sans possibilité de dispense.